En Bref
Charles, chauffeur de taxi, doit conduire Madeleine, une vieille dame, dans une maison de retraite de la capitale. C’est avec regret qu’elle quitte sa maison pleine de souvenirs pour s’enfermer dans sa dernière demeure. Leur première rencontre se place sous le signe d’un certain agacement. Peu à peu Madeleine apprivoise et adopte ce chauffeur de taxi au grand coeur. Ils entament ensemble une longue balade au coeur de la capitale, sur le territoire des souvenirs de cette vieille dame très digne. Road movie du vivant, il rappelle les premiers jours de toute vie défilant à travers les lieux de la mémoire. Promenade bucolique et enchanteresse avant de fermer la porte sur le passé. Les deux âmes perdues finissent par tisser un lien profond, scellé par l’existence de Madeleine et le grand coeur de Charles. Il n’est pas sûr qu’ils finissent par aboutir à la maison de la retraite...
En un peu moins de dix films, Christian Carion construit une œuvre humaniste et singulière. D’ « Une hirondelle a fait le printemps », magnifique rencontre entre Michel Serrault et Mathilde Seigner jusqu’à « My Son », elle est au centre de son œuvre. Une fois de plus, c’est la confrontation improbable entre deux êtres qui devient la route des coeurs. On pense au vieux paysan et la jeune fille rêvant de devenir bergère. Il faudra que l’un et l’autre, comme le renard et le petit prince, s’apprivoisent pour se comprendre et s’aimer. C’est encore la route des souvenirs, le partage de deux existences fragiles qui éclaircit le ciel de demain. Pierre Cottereau saisit avec tendresse et poésie ce voyage dans un Paris magnifié. C’est le quatrième film de ces deux enfants du « ch’Nord » et le deuxième rôle de chauffeur de taxi pour Dany Boon. Leur complicité donne à leur personnage une palette d’émotions qui touche le spectateur. Paris devient une actrice de cette histoire humaniste sur le partage et la création d’une nouvelle famille. Il nous offre une capitale comme jamais vue dans ses recoins les plus secrets. C’est une belle balade émotionnelle, scellant une nouvelle histoire entre deux inconnus. Cette histoire simple développe une photographie de l’âme profonde sans jamais se perdre jusqu'à la dernière seconde. Le spectateur, comme Charles, découvre une vie pleine d’émotions et de douleurs s’achevant dans la solitude. Elle se referme sur une fin heureuse scellant la transmission d’une vie qui ne sera pas oubliée. C'est un film en dentelle de Calais, fine et délicate, sur la famille et la quête du bonheur. Patrick Van Langhenhoven
Bonus :Making-Of Les meilleurs moments