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affiche du film The Son

The Son

  • Drame psychologique
  • France
  • 2h03

Un film de

Florian Zeller

Avec

Hugh Jackman , Laura Dern , Zen McGrath

En Bref

C'est l'histoire d'un fils qui a perdu le goût de tout. Nicholas, ce garçon plein d'enthousiasme, souriant laisse la place à une ombre qui déserte le lycée. Il se laisse emporter par un spleen profond qui le ronge de l'intérieur. Devant son incapacité à aider Nicholas à reprendre pied sa mère, Kate, divorcée, l'envoie vivre avec son père. Le jeune homme se retrouve chez Peter, sa nouvelle femme et son demi-frère encore au berceau. Son père essaye de tout faire pour redonner du sourire à son fils. Dans un premier temps, cela semble fonctionner mais peut-on lutter contre l'inéluctable ? C'est peut-être la dernière porte vers ce gouffre qui vous avale et vous entraine au fond de l'âme pour l'impossible retour. Il faudra bien plus que des « je t'aime » pour ramener Nicholas au pays des vivants.

Après Le père, Florian Zeller adapte une autre de ses pièces, Le fils. C'est un autre drame. Après celui de la sénescence d'un vieil homme à la dérive, il s'intéresse à celle de la première aube quand la promesse se fait pleine et lumineuse. Comment, tout d'un coup, un jeune homme souriant, rieur, se laisse emporter dans le tombeau silencieux de la dépression. C'est tout le cheminement d'une descente en apnée dans le puits sans fond de l'existence. C'est de nouveau le regard des pères à travers Peter et des parents face à une situation qu'ils ne maitrisent plus. Peter est lui-même en conflit avec son père, joué par Anthony Hopkins, sans lien avec The Father. C'est un homme dur, peu complaisant, qui explique en partie la situation.Peter tente d'être un bon père malgré la séparation et sa nouvelle vie. Nous avions apprécié la mise en scène inventive et sobre de The Father d'un esprit à la dérive. Elle est plus classique dans The Son avec un sens de l'ellipse approfondi. Elle saisit surtout les émotions, les silences et le vide du regard de Nicholas. Quelques scènes d'un instant magique à la plage autrefois quand le bonheur filait comme la vague qui vient épouser le rivage. Elle vient accentuer, par contraste, la froideur du présent, sans bruit ni fureur, juste un lien rompu qu'il semble impossible de tisser à nouveau. C'est cette incapacité devant l'inéluctable, croire que tout va bien quand ça va mal. The Son creuse son sujet, la perte du bonheur sans jamais accuser. Dans cette histoire, tous sont coupables et innocents. C'est ce moment d'une fracture que le temps devra combler qui défile dans les regards, les silences et les mots sans avenir. The Son doit beaucoup à l'interprétation d'Hugh Jackman, saisissant de vérité, Laura Dern toujours aussi magnifique et Zen McGrath, le fils, dans un rôle complexe, jouant surtout sur le corps et les silences. Cette simplicité brillante du récit, de la mise en scène et du jeu des acteurs, s'avère bien plus complexe quand elle nous prend à l'intérieur de notre âme. Quand elle nous renvoie face à face avec nos fils, nos filles. Être un bon père n'a jamais été facile. Cela demande parfois des sacrifices impossibles.Patrick Van Langhenhoven