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affiche du film Simone, le voyage du siècle

Simone, le voyage du siècle

  • Biographie
  • France
  • 2h20

Un film de

Olivier Dahan

Avec

Elsa Zylberstein , Lilou Kintgen , Rebecca Marder

En Bref

C’est dans la chaleur de l’été sur la Côte d’Azur que prend naissance ce récit mosaïque d’une figure exceptionnelle. La voix off marque les chapitres de la vie de cette femme qui en rassemble, face à l’océan, les morceaux. L’enfance au pays de cocagne et le combat pour les libertés, contre l’arrogance. Une route marquée par la douleur qui jamais ne triomphera de l’espérance. C’est la horde noire déferlant sur la France et la nuit et le brouillard des camps. Survivre mais pas à n’importe quel prix. Elle survit en gardant sa dignité, son humanité, sans jamais piétiner ceux qui pleurent dans la nuit des galetas noircis de la honte. C’est la longue marche dans un temps de misère. Voir tomber les corps et mourir les esprits. Cette période des sombres jours et le miracle de la vie forgent un caractère prêt à d’autres épreuves. La loi sur l’avortement, un combat que certains ont vécu à travers les actualités, oubliant l’insulte et l’opprobre des vieux barbons figés dans le passé. « Je n’ai pas peur. J’ai survécu à pire que vous » dira la femme des tempêtes. La guerre d’Algérie et ses prisons. Faire rapatrier les femmes  pour un emprisonnement plus décent. C’est une vie de conviction et de combats, loin d’être gagnés d’avance. Jamais elle ne fléchit contre les ombres venues d'hier, fascistes, passéistes. Toujours elle ira de l’avant. Chaque peine la grandit dans la tempête de la vie.

Olivier Dahan achève une trilogie de femmes fortes après La Môme et Grace de Monaco, Simone, le voyage du siècle dévoile toute une époque. C’est un voyage au cœur du vingtième siècle, marqué par ses conflits, dont l’écho se fait encore entendre. Il choisit un portrait inspiré, parfois classique, marquant les étapes d’une vie plus qu’exemplaire. On découvre une des grandes figures de la République, au-delà de toute considération politique. Simone Veil privilégie les combats humanitaires, la réconciliation, ne mélangeant pas les nazis et les Allemands. Elle accompagne les premiers pas d’une Europe balbutiante dont elle sera la Présidente pendant de nombreuses années. C’est le bonheur fracassé par les années noires et les camps dont elle sort victorieuse. Elle ne laissera jamais cette pluie noire ronger son âme. C’est le combat pour l’avortement face à des vieux mâles réactionnaires, insultants. Nous découvrons la femme d’autres combats, les prisonnières et les prisons, cloaques moyenâgeux, qu’elle contribue à faire évoluer. Toujours droite dans la tempête, jamais elle ne faiblit. Elle est un exemple pour tous. La nuit et la lumière s’épousent pour s’achever sur les promesses de l’aube mordorée. La mise en scène s’appuie sur Une vie en voix off, marquant chaque période par les mots de Simone Veil. Dans sa première partie, l’ombre et les ténèbres des camps marquent l’écran de la couleur de la nuit. Les nombreux combats dans une lueur bleutée, et de meilleurs jours à venir sont entrecoupés du retour au sud et de la victoire de la lumière. Olivier Dahan évite les écueils, entre pathos et hagiographie, pour la réalité des faits parfois insoutenables. Simone, le voyage du siècle s’appuie aussi sur la prestation d'Elsa Zylberstein qui se fond dans le rôle pour lui donner vie. La jeune Rebecca Marder est magnifique dans les premières années d’une combattante humaniste. A l’heure des convictions bradées sur le terrain des arrivistes confondant les idées et leur petit ego, Simone Veil reste un exemple à suivre. C’est un beau portrait éclairant d’un jour nouveau une femme qui mérite toute notre admiration. Patrick Van Langhenhoven