En Bref
« Si un relais routier est installé près de l’autoroute, c’est aussi pour en partir le plus vite possible. » Cécile.
Que reste-t-il du temps qui passe, de la jeunesse ? Que reste-t-il des lieux qui nous ont vus grandir avant de partir ? Cécile, quarante ans, championne de Top Chef s’apprête à ouvrir son restaurant, loin de l’esprit du routier tenu par son père. Il n’est désormais plus qu’un souvenir du territoire de l’enfance. Le quatrième AVC de Gérard, ce père qui ne veut pas quitter les fourneaux, la pousse revenir à l’origine de sa vocation. C’est le passé qui revient, comme un fantôme bien vivant, pour la confronter à ses choix et son refus d’hier pour vivre aujourd'hui. Elle apprend qu’elle porte une nouvelle vie qu’elle ne souhaite pas. Gérard note toutes ses réflexions de Top Chef sur ce passé qu’elle refuse, sur ces routiers de passage à la cuisine des grands-mères. Cécile retrouve aussi Raphaël, cet ancien amour de jeunesse qui s’est, lui aussi, figé dans le temps en reprenant l’ancien garage de son père. Cécile se retrouve confrontée à bien plus que les lieux de l’enfance, à tout ce que l’on renie en croyant que le passé peut mourir. Elle comprendra que ce qui fait la jeune femme d’aujourd’hui est ancré dans l’hier.
Que reste-t-il du temps qui passe, de la jeunesse ? Que reste-t-il des lieux qui nous ont vus grandir avant de partir ? Cécile, quarante ans, championne de Top Chef s’apprête à ouvrir son restaurant, loin de l’esprit du routier tenu par son père. Il n’est désormais plus qu’un souvenir du territoire de l’enfance. Le quatrième AVC de Gérard, ce père qui ne veut pas quitter les fourneaux, la pousse revenir à l’origine de sa vocation. C’est le passé qui revient, comme un fantôme bien vivant, pour la confronter à ses choix et son refus d’hier pour vivre aujourd'hui. Elle apprend qu’elle porte une nouvelle vie qu’elle ne souhaite pas. Gérard note toutes ses réflexions de Top Chef sur ce passé qu’elle refuse, sur ces routiers de passage à la cuisine des grands-mères. Cécile retrouve aussi Raphaël, cet ancien amour de jeunesse qui s’est, lui aussi, figé dans le temps en reprenant l’ancien garage de son père. Cécile se retrouve confrontée à bien plus que les lieux de l’enfance, à tout ce que l’on renie en croyant que le passé peut mourir. Elle comprendra que ce qui fait la jeune femme d’aujourd’hui est ancré dans l’hier.
« Il ne suffit pas de quitter les choses pour que les choses vous quittent »
Derrière cette comédie, aux dialogues parfois chantés, se cache une belle réflexion sur notre société et les transfuges de classe. Cécile, en quittant le Loir et Cher et le routier de son père, s’élève socialement. Elle tourne le dos à un monde qui n’est plus le sien. Elle pense qu’en coupant les ponts on oublie tout. Le retour au pays lui rappelle d’où elle vient. Qu’une vie, c’est la somme de tous ces évènements, bons ou mauvais. Ils nous aident à nous construire et faire nos choix dans la vie. Cécile rêvait sans doute d’une autre cuisine que celle des fourneaux des grands-mères. Elle s’éloigne du steak haché, de l’andouillette et de l'entrecôte, toujours accompagnée de frites, grand classique du routier. Sa mère rêve toujours de partir pour une virée en Italie, direction Venise dans le camping-car. Gérard, son père, s’imagine mourir sur scène, le nez dans les épluchures de patates. Elle retrouve sa bande de vieux copains et son amour de jeunesse. Tout le monde se confronte au présent en se remémorant le temps qui passe et nous transforme. Partir un jour s’intéresse à nos racines, à la famille, au premier amour, laissant le goût inachevé des premières fois.
Le tout avec une certaine légèreté dans la mise en scène et le poids des lieux qui perdent de leur magie, toujours meilleurs dans nos souvenirs. C’est aussi le rapport entre un père et une fille qui s’aiment mais ne savent pas forcément le dire. Partir un jour possède le charme des premiers films, celui des premières fois ineffables. Amélie Bonnin transforme le coup d’essai de son court-métrage récompensé aux Césars en une version longue. Dans ce dernier, un écrivain renoue avec son amour de jeunesse, restée caissière au pays. Elle s’explique sur le choix des chansons populaires et ce petit air de comédie musicale. « Elles constituent un socle commun, voire un lien entre les gens d’une génération. C’est aussi pour cela que j’ai voulu faire un film avec des chansons du répertoire, parce qu’elles font appel à un patrimoine commun. Quand on les écoute, on est ramené à quelque chose de soi. Un moment, un lieu, une personne. Il suffit d’un titre pour avoir accès à une palette d’émotions. Pour cela, la musique et les chansons sont idéales ! »
On pense à un remix de Claude Lelouch, à Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui pour certains dialogues, avec un soupçon de On connait la chanson d’Alain Resnais. Le choix du film pour l’ouverture du festival de Cannes est peut-être un symbole fort. Il annonce cette jeune génération de réalisatrices et réalisateurs pleins de promesses. Ils sont à la fois, comme Cécile, nourris du passé pour mieux s’en émanciper et nous proposer des films parfois surprenants. C’est aussi continuer ce regard sur des thématiques universelles en milieu plus rural, sur une France profonde, oubliée, comme Petit Paysan, La Pampa, Vingt Dieux, Leurs enfants après eux, et bien d'autres. C’est privilégier un cinéma d’auteurs qui peut changer le monde, en écho aux discours d’ouverture du 78e festival de Cannes.
Pour conclure, comme le disait Bertrand Tavernier : « Des cinéastes qui croient que le cinéma peut faire un peu bouger les choses, qui croient que, comme me le disait Renoir, qu’il faut faire un film en se disant que l’on va arriver à faire changer le cours de l’Histoire et en même temps, il faut avoir l’humilité de penser que si on touche deux personnes, on aura réussi quelque chose d’extraordinaire. »
Patrick Van Langhenhoven
Derrière cette comédie, aux dialogues parfois chantés, se cache une belle réflexion sur notre société et les transfuges de classe. Cécile, en quittant le Loir et Cher et le routier de son père, s’élève socialement. Elle tourne le dos à un monde qui n’est plus le sien. Elle pense qu’en coupant les ponts on oublie tout. Le retour au pays lui rappelle d’où elle vient. Qu’une vie, c’est la somme de tous ces évènements, bons ou mauvais. Ils nous aident à nous construire et faire nos choix dans la vie. Cécile rêvait sans doute d’une autre cuisine que celle des fourneaux des grands-mères. Elle s’éloigne du steak haché, de l’andouillette et de l'entrecôte, toujours accompagnée de frites, grand classique du routier. Sa mère rêve toujours de partir pour une virée en Italie, direction Venise dans le camping-car. Gérard, son père, s’imagine mourir sur scène, le nez dans les épluchures de patates. Elle retrouve sa bande de vieux copains et son amour de jeunesse. Tout le monde se confronte au présent en se remémorant le temps qui passe et nous transforme. Partir un jour s’intéresse à nos racines, à la famille, au premier amour, laissant le goût inachevé des premières fois.
Le tout avec une certaine légèreté dans la mise en scène et le poids des lieux qui perdent de leur magie, toujours meilleurs dans nos souvenirs. C’est aussi le rapport entre un père et une fille qui s’aiment mais ne savent pas forcément le dire. Partir un jour possède le charme des premiers films, celui des premières fois ineffables. Amélie Bonnin transforme le coup d’essai de son court-métrage récompensé aux Césars en une version longue. Dans ce dernier, un écrivain renoue avec son amour de jeunesse, restée caissière au pays. Elle s’explique sur le choix des chansons populaires et ce petit air de comédie musicale. « Elles constituent un socle commun, voire un lien entre les gens d’une génération. C’est aussi pour cela que j’ai voulu faire un film avec des chansons du répertoire, parce qu’elles font appel à un patrimoine commun. Quand on les écoute, on est ramené à quelque chose de soi. Un moment, un lieu, une personne. Il suffit d’un titre pour avoir accès à une palette d’émotions. Pour cela, la musique et les chansons sont idéales ! »
On pense à un remix de Claude Lelouch, à Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui pour certains dialogues, avec un soupçon de On connait la chanson d’Alain Resnais. Le choix du film pour l’ouverture du festival de Cannes est peut-être un symbole fort. Il annonce cette jeune génération de réalisatrices et réalisateurs pleins de promesses. Ils sont à la fois, comme Cécile, nourris du passé pour mieux s’en émanciper et nous proposer des films parfois surprenants. C’est aussi continuer ce regard sur des thématiques universelles en milieu plus rural, sur une France profonde, oubliée, comme Petit Paysan, La Pampa, Vingt Dieux, Leurs enfants après eux, et bien d'autres. C’est privilégier un cinéma d’auteurs qui peut changer le monde, en écho aux discours d’ouverture du 78e festival de Cannes.
Pour conclure, comme le disait Bertrand Tavernier : « Des cinéastes qui croient que le cinéma peut faire un peu bouger les choses, qui croient que, comme me le disait Renoir, qu’il faut faire un film en se disant que l’on va arriver à faire changer le cours de l’Histoire et en même temps, il faut avoir l’humilité de penser que si on touche deux personnes, on aura réussi quelque chose d’extraordinaire. »
Patrick Van Langhenhoven
Titre : Partir un jour
Réalisation : Amélie Bonnin
Scénario : Amélie Bonnin et Dimitri Lucas
Musique : P.R2B, Keren Ann, Thomas Krameyer, Germain Izydorczyk, Theo Kaiser, Emma Prat, Chilly Gonzales
Photographie : David Cailley
Décors : Chloé Cambournac
Montage : Héloïse Pelloquet
Son : Rémi Chanaud
Production : Bastien Daret, Arthur Goisset, Robin Robles, Sylvie Pialat, Benoît Quainon
Coproduction : Ardavan Safaee
Société de production : Topshot Films, Les Films du Worso[2], en coproduction avec Pathé Films, France 3 Cinéma et Logical Content Ventures
Société de distribution : Pathé Films
Budget : 5,6 millions d'euros[3]
Pays de production : France
Langue originale : français
Genre : film musical, comédie dramatique
Durée : 94 minutes
Dates de sortie : 13 mai 2025 (Festival de Cannes) 14 mai 2025
Distribution
Juliette Armanet : Cécile Béguin
Bastien Bouillon : Raphaël Tenreiro
François Rollin : Gérard Béguin, le père de Cécile
Tewfik Jallab : Sofiane Garbi
Dominique Blanc : Fanfan Béguin, la mère de Cécile
Mhamed Arezki : Eddy
Pierre-Antoine Billon : Richard
Amandine Dewasmes : Nathalie
Réalisation : Amélie Bonnin
Scénario : Amélie Bonnin et Dimitri Lucas
Musique : P.R2B, Keren Ann, Thomas Krameyer, Germain Izydorczyk, Theo Kaiser, Emma Prat, Chilly Gonzales
Photographie : David Cailley
Décors : Chloé Cambournac
Montage : Héloïse Pelloquet
Son : Rémi Chanaud
Production : Bastien Daret, Arthur Goisset, Robin Robles, Sylvie Pialat, Benoît Quainon
Coproduction : Ardavan Safaee
Société de production : Topshot Films, Les Films du Worso[2], en coproduction avec Pathé Films, France 3 Cinéma et Logical Content Ventures
Société de distribution : Pathé Films
Budget : 5,6 millions d'euros[3]
Pays de production : France
Langue originale : français
Genre : film musical, comédie dramatique
Durée : 94 minutes
Dates de sortie : 13 mai 2025 (Festival de Cannes) 14 mai 2025
Distribution
Juliette Armanet : Cécile Béguin
Bastien Bouillon : Raphaël Tenreiro
François Rollin : Gérard Béguin, le père de Cécile
Tewfik Jallab : Sofiane Garbi
Dominique Blanc : Fanfan Béguin, la mère de Cécile
Mhamed Arezki : Eddy
Pierre-Antoine Billon : Richard
Amandine Dewasmes : Nathalie