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affiche du film Mon parfait inconnu

Mon parfait inconnu

  • Drame psychologique
  • Norvège
  • 1h47

Un film de

Johanna Pyykkö

Avec

Camilla Godø Krohn , Radoslav Vladimirov , Maya Amina Moustache Thuv

En Bref

Ebba est une jeune fille ordinaire, elle travaille comme femme de ménage dans le port d’Oslo. Elle vit chez un vieux couple de bourgeois qui lui confient la garde de leur maison pendant les vacances. Ebba n’hésite pas à quitter sa chambre étroite pour la belle demeure. C’est un premier mensonge sans conséquence qui dévoile une partie de sa psychologie. Un soir, elle trouve un bel inconnu amnésique qu’elle ramène à la maison. C’est l’occasion de s’inventer une vie, une jolie et belle romance. Elle possède une feuille blanche sur laquelle écrire une nouvelle histoire, loin de la banalité de son quotidien. Peu à peu, Julian endosse la peau que lui confectionne la jolie Ebba où elle tient le premier rôle d’un amour parfait. Est-ce qu’il résistera au temps et à la mémoire qui reprend le chemin de la vérité, bien différente de cette vie rêvée par Ebba ?

Comme le coucou empruntant le nid des autres, elle profite de la maison de ses logeurs pour se construire une image différente. Cette existence idéale semble filer comme la rivière vers l’océan. Ebba s’invente un amour parfait qui, au fil du temps, commence à s’effriter comme la falaise rongée par la vague. La symbolique se retrouve dans de nombreux points de passage. Une mouette morte, les lieux, une figurine en disent bien plus sur Ebba qu’un long discours. On suit la construction pas à pas d’une vie bien plus brillante pour la jeune fille que celle, ingrate, d’hier. Elle devient une autre, une femme rêvée, finissant par croire à ses mensonges, à sa mythomanie. Julian est le golem, la figurine qu’elle façonne, comme le sculpteur la glaise. Le jeune homme résiste comme si, du fond de sa mémoire, des signaux passaient au rouge. Quand il retrouve sa vraie nature, moins romantique et plus sombre, il devra choisir entre un passé tortueux et peu reluisant et l’occasion d’une nouvelle vie, échappant ainsi à ses démons. Ebba joue peut-être avec le feu et le loup dans la bergerie, quand la vraie nature de Julian, Ivaylo de son vrai nom, pointe au grand jour. Le film prend alors une autre couleur, plus proche du polar que de la romance et c’est un peu dommage. On aime l'idée d'un récit en forme de cercle finissant par revenir à son point de départ, chacun retrouvant sa condition première. Malgré quelques défauts, liés à la complexité du sujet et de la narration, Mon parfait inconnu reste un film fort et Johanna Pyykkö une réalisatrice à suivre. Patrick Van Langhenhoven