En Bref
Le royaume d’Ehdan coule des jours paisibles avec à sa tête le bon roi Richard. Dans celui d'à côté, le tyran Lord Cromwell n'hésite pas à faire appel à Xusia de Delos, un magicien rappelé d'entre les morts. Le pauvre royaume d'Ehdan ne tarde pas à passer sous la coupe de Lord Cromwell. Seul Talon, le fils du roi, échappe à une mort certaine. Le temps passe. Lord Cromwell exploite son peuple devenu esclave de sa folie. Dans l'ombre, la révolte gronde, conduite par la princesse Alana et son frère, le prince Mikah. Hélas, leur rêve d'émancipation tourne court, la pauvrette se retrouve emprisonnée et son frère subit la torture. Elle doit épouser le terrifiant Lord Cromwell pour qu'il retrouve la liberté. Dans ce suspense intenable, nous ajouterons Machelli, le conseiller du despote, qui hésite à choisir son camp. La princesse et le prince pourront compter sur un guerrier redoutable à l'épée à trois lames pour les sauver. Derrière ce visage se cache un jeune homme rescapé des forfaits de Lord Cromwell, bien décidé à trouver sa revanche.
C'est le premier long métrage d'Albert Pyun, réalisateur d'environ 80 films de série B de 1982 à 2017, frôlant parfois le film culte et le nanar. Tourné avec peu de budget, il ne bénéficie pas du montage comme avec la plupart de ses autres films. Le producteur Brandon Chase, très interventionniste, lui promet monts et merveilles et se dispute souvent avec lui. Brandon pensait faire une bonne affaire. C'est le début de l'heroic fantasy avec la sortie d'Excalibur de John Boorman 1981 et de Conan de John Millius en 1982. Le film lui rapportera beaucoup plus que sa mise de départ 39,1 M$ (soit 122,9 M$ au cours actuel). C'est le film indépendant le plus lucratif de l’année 82.Le jeune et fougueux Albert Pyun jonglera avec un budget de misère pour cacher le manque de moyens. C'est ce qui explique de nombreuses ellipses, des décors cachés sous la fumée et donne malgré tout une esthétique particulière et un bon sens de l'épique sur une histoire de cour de récréation. Albert Pyun devra sans cesse faire preuve de débrouillardise, de bricolage pour tenter de réaliser son rêve. Comme il le dit dans l'excellent bonus racontant son parcours, il était déjà content après de nombreux refus de tourner son film. Il bénéficie d'excellents comédiens qui sauveront l'histoire.Lors de sa sortie distribuée par Gaumont, il est plutôt bien accueilli et se hisse à la troisième place. La suite ne verra le jour que bien des années plus tard en 2010. Quant au genre d'heroic fantasy débutée avec Conan le Barbare il finira lui aussi par s'écrouler avec Conan le destructeur en 1984 (1 285 821) et Les Barbarians en 1987 (675 341). L'épée sauvage, sous ses airs de série B à petit budget, nanar pour certains, n'est pas loin du film culte. Il possède ce je-ne-sais-quoi de nostalgie qui le rend sympathique.Patrick Van Langhenhoven
Bonus:. SOUVENIRS D’UN EMPIRE ANCIEN (33 mn – HD)Le réalisateur et coscénariste Albert Pyun revient sur sa première expérience de tournage, aussi enrichissante que douloureuse, et sur le succès inattendu du film, qui lui a permis de lancer sa carrière.. LE MAÎTRE DES LAMES (14 mn – HD)Collaborateur de longue date du producteur Brandon Chase, le monteur Marshall Harvey a bénéficié d’un poste clé sur L’Épée sauvage, participant entre autres au choix de la musique.. LE SPÉCIALISTE DES EFFETS (12 mn – HD)Engagé sur le film pour travailler sur les effets spéciaux de maquillage, Allan Apone se souvient de certaines de ses créations, notamment sur les scènes de bataille.. FRÈRES D’ARMES (10 mn – HD)Le film a marqué le début de la collaboration des frères Chiodo, créateurs d’effets spéciaux, avec leur impressionnante réalisation, la crypte de têtes.. 2 BANDES-ANNONCES . SPOT TVLes bonus sont à la hauteur, comme toujours chez Carlotta, avec une excellente interview du réalisateur Albert Pyun expliquant, à travers cette première expérience, toute sa carrière. On comprend mieux comment les producteurs de la vieille époque pouvaient détruire tout le talent d'un jeune homme plein de fougue.