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affiche du film L’enfant qui mesurait le monde

L’enfant qui mesurait le monde

  • Drame psychologique
  • France
  • 1h44

Un film de

Takis Candilis

Avec

Bernard Campan , Raphael Brottier , Maria Apostolakea

En Bref

Rien ne va plus pour Alexandre Varda. Ce promoteur en haut de l’affiche fait les frais du dernier projet explosé en plein vol. Pour arranger les choses, « un malheur ne vient jamais seul » dit le dicton et il a raison. Il vient de perdre sa fille, exilée là-bas, dans le bleu de la Méditerranée au cœur des îles grecques. Alexandre a beaucoup de temps à perdre et c’est peut-être l’occasion de l’honorer une dernière fois. Il débarque sur cette petite île perdue de Kalamaki. Il découvre qu’il est aussi grand-père. Yannis est atteint d’un syndrome autistique, il compte le monde qui ne veut pas de lui. Dans un premier temps, ce père qui garde le silence depuis douze ans, cherche tous les moyens pour placer le petit. Le projet d’un promoteur peu respectueux des vieilles ruines et des maisons hantées par tant de souvenirs pourrait être une aubaine pour lui. Le soleil, la mer, un petit garçon peu ordinaire et sa nounou Maraki sont bien décidés à changer un vieil homme que la vie a aigri. Il faudra que les masques tombent, comme dans le théâtre antique et que les vérités transforment les cœurs endormis.

Pour son retour à la réalisation Takis Candilis, adapte le roman éponyme de Metin Arditi, sorti en 2016 aux éditions Grasset. C’est un parcours initiatique, la transformation d’un homme qui voit le monde du haut de son empire de promoteur immobilier sans scrupule. Son licenciement et la mort de sa fille bousculent cet homme qui pensait maitriser le monde. C’est à travers les yeux d’un enfant qu’il prend le temps de connaître et découvrir. Il rattrape ces moments, perdus à courir les gratte-ciel en oubliant sa propre fille. Non seulement il trouve un petit-fils qui, peu à peu touche l’âme de ce grand-père désorienté mais aussi, il découvre la vraie personnalité de sa fille et tout ce temps perdu à chercher l’inutile vérité du monde. Alexandre compte le monde en dollars, et Yannis le mesure à la grandeur du passé, des lieux, des souvenirs et de l’absence d’une mère. Ce sont ces liens que nous tissons avec ceux que nous aimons, mais aussi ceux que nous croisons. Alexandre comprend, avec ce licenciement, qu’il est bien plus seul qu’il ne le pensait. Il découvre un autre monde sur cette île, une autre façon de se mesurer à la vie. Une affaire immobilière vient rendre les décisions de cet homme bien plus complexes. Sans cesse se joue le jeu des visages que nous dévoilons, de l’acteur que nous sommes dans le théâtre de la vie. Bernard Campan, dans un jeu sobre, donne une certaine ambiguïté au personnage d’Alexandre, balloté entre l’écologie, le passé, une certaine sincérité et le monde de l’argent prêt à tout raser. Cette comédie légère est à l'image de l'île, ensoleillée et pleine de promesses. C’est celle d’un homme aux portes du désespoir qui trouve la clef de l’espérance. La mise en scène de Takis Candilis évite l'aspect carte postale et vacances pour explorer l’incapacité à créer un lien avec les autres. Il choisit de prendre le temps, légèrement contemplatif par moments, les lieux deviennent le point de passage de ces petits pas effectués l’un vers l’autre. Nous lui pardonnons sa fin conventionnelle et simpliste pour un film où le silence est important.  Patrick Van Langhenhoven