En Bref
Jim ne partira pas pour les lointains espaces cosmiques. Il suffit de peu, à une place près et son rêve devenait réalité. Qu'importe, cet ingénieur chez Ariane Group décide de donner des ailes à son rêve. Par petites touches, il construit en amateur sa propre fusée avec un ami qui se charge du carburant spécifique pour un projet ambitieux. Jim n'est pas un doux rêveur, un fou en quête de l'impossible étoile. Son projet est sérieux, basé sur son expérience. Il entraine dans cette aventure improbable, sa grand-mère, fan inconditionnelle, une jeune scientifique marginale et un astronaute célèbre marginal. Tout ce petit monde tente l'impossible. Et s'ils réussissaient le premier vol spatial amateur ? Le visage du monde en serait à jamais changé, mais l'objectif est loin d'être gagné.
« Quand tu te réveilleras, tu verras que tu as passé ta vie à courir après quelque chose d'impossible. » Gérard le père. On peut rapprocher le cinéma de Nicolas Giraud de celui de Thomas Salvador, Vincent n'a pas d'écailles et La Montagne, en moins onirique. Ils construisent des univers singuliers et originaux, à l'exemple du projet de Jim dans L'Astronaute. Nicolas Giraud, pour son deuxième film, choisit la réalité. Nous allons suivre sous tension la construction de cette improbable fusée qui doit l'emporter dans le vide spatial pour un tour de la planète. Il peut compter sur la ténacité, ne jamais faiblir pour porter un rêve le plus grand qui soit. Le spectateur est emporté dans cette quête simple aux nombreux obstacles créant la tension, le suspense. Comme le dit Alexandre Ribaud, ce projet ne peut se faire seul. Jim doit trouver sa route entre ceux qui le prennent pour un olibrius et ceux qui aiment ce défi. L'astronaute choisit un chemin minimaliste, se concentrant sur ses personnages et leurs fractures face à un but qui les grandira tous. La route est essentielle pour que les traumatismes du passé trouvent leur guérison. Ce n'est pas un film à l'économie mais sans fioritures ni esbroufe, au scénario solide. Il parle aussi du rapport père et fils, de ces scientifiques un peu trop marginaux souvent mis de côté. La figure du grand-père absent mais toujours présent avec un bel hommage final hante le récit. L'astronaute doit beaucoup à ses acteurs remarquables, Nicolas Giraud en premier mais aussi Mathieu Kassovitz, Hélène Vincent, Hippolyte Girardot, Bruno Lochet et Ayumi Roux. Ils composent des figures qui viennent renforcer l'idée centrale toujours dans un souci réaliste. Il aborde la question de l'échec et d'une société trop ordonnée.  L'Astronaute prouve qu’a l’impossible nul n'est tenu.     Patrick Van Langhenhoven P { margin-bottom: 0.21cm }