En Bref
C’est la rencontre de deux cœurs perdus qui finissent par se retrouver. Un beau jour, Hortense débarque dans la petite boutique de Jacques à la recherche d’une bonne bouteille. Ils ignorent encore que leur cœur fait boum, comme dans la chanson. Hortense, jeune femme pleine de vie, est bien décidée à ne pas laisser passer sa chance. Jacques a mal à l’âme et l’amour, il n’y croit plus trop. Un peu bourru, sur le qui-vive, pas sûr que cela marche. Mais Cupidon veille et Hortense le revoit pour un cours de dégustation qui, grâce au breuvage dionysiaque, se transforme en une déclaration. Il ne reste plus qu’à laisser le temps faire son œuvre et au petit archer à décocher sa flèche. Mais avec Jacques, la mélodie n’est pas sûre d’être entendue.
Les histoires simples sont souvent les meilleures quand elles jouent sur plus d’une note. Après la pièce au succès retentissant, c’est la version cinéma qui déroule sa trame. Ivan Calbérac aime les rencontres improbables, quand le destin s’en mêle. On retrouve la même patte que dans L’étudiante et Monsieur Henri, Venise n’est pas en Italie. Il adapte sa pièce pour lui donner un autre souffle. C’est une mise en scène discrète, légère comme un zéphyr qui nous transporte. Isabelle Carré et Bernard Campan apportent une nouvelle touche à leurs personnages, jouant des mots et du corps de façon remarquable. Ce sont deux personnages que rien ne semble rapprocher, n’ayant  en commun qu’une fêlure de l’âme. Ils vont guérir ensemble et reprendre le chemin de l’espoir et des promesses. Comme toujours, c’est la route qui les grandit et soigne leurs blessures. Hortense, souriante comme un printemps, le désir d’enfant porté comme un collier de diamants, apporte le soleil à cette histoire d’amour. Jacques cache, derrière son côté bourru, un cœur qui ne demande qu’à chavirer une fois de plus. La dégustation s’amuse des mots aux premier et second degrés dans des dialogues riches et délicats. Le vin devient plus qu’un breuvage, il porte en lui les couleurs et les mots de l’amour. Cette symphonie romantique prend quelques notes qu’elle lance dans le vent, touchant à l’essentiel. C’est notre coup de cœur de la rentrée. Patrick Van Langhenhoven