En Bref
Jean-Pierre, agent sportif, n'est pas au mieux de sa forme. Un tas de petits soucis lui tombent dessus comme la pluie sur un chien perdu sans collier. C'est le moment que choisit son amie pour lui confier son labrador, Didier. Jean-Pierre n'est plus à un obstacle près. Au début ce n'est pas la joie, la cohabitation entre le toutou et le bougon s'avère coriace. Le destin réserve une belle surprise à notre pauvre Jean-Pierre quand Didier prend forme humaine. Cette fois, c'est la catastrophe, d'autant que ce dernier n'a rien perdu de son mordant ! Il se comporte comme un chien jusqu'à renifler des endroits interdits. Notre pauvre Jean-Pierre entre Didier, ses frasques et un joueur blessé se fait du souci. Le prochain match s'annonce risqué et pourrait mettre fin à sa carrière. Et si Didier devenait le sauveur de notre brave type qui commence à apprécier notre brave canidé ?
Après Les Nuls, La Cité de la peur, Alain Chabat décide de passer derrière la caméra avec ce film de potes. Il choisit un court-métrage que son ami Dominique Farrugia lui conseille de transformer en long. On ne saura jamais comment Didier prend forme humaine dans ce film digne des Monty Python, avec son humour décalé et loufoque. Il serait réducteur de s'arrêter à une simple comédie sans voir l'aspect social et humain. C'est un regard sur le monde du foot, ses hooligans, son mercantilisme, ses petits arrangements et les misères d'un agent sportif. C'est le portrait d'un type un peu perdu qui, grâce au meilleur ami de l'homme, redonne du sens à sa vieC'est la situation improbable de ce chien absurde, charmant et naïf plongé dans un palmarès de situations cocasses qui fait le sel du film culte. Face à lui, Jean-Pierre Bacri reprend son rôle de bougon plein de tendresse, créant un décalage hilarant. Dans Didier, Alain Chabat dévoile les thématiques humanistes et la forme comique de ses futurs projets. C'est une réalisation soignée, au travail conséquent et précis malgré son air chaotique et une belle prestation d'acteur.Il remportera cette année-là le César du premier film en 1998. Le public ne s'y trompe pas et le propulse dans la catégorie des films cultes aux dialogues faisant le bonheur des soirées. C'est un univers proche de la bande dessinée, des Monty Python, des surréalistes, avec peut-être un soupçon de Tati et de Pierre Etaix. Les références sont nombreuses et annoncent un réalisateur nourri à l'air de son temps, riche d'une culture où l'humour a le beau rôle. La restauration 4K est l'occasion de redécouvrir avec plaisir un premier film entré dans l'histoire du cinéma.Patrick Van langhenhoven
Bonus: Making-of (50 min) Commentaire Audio de JP Bacri et A. Chabat