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affiche du film A Dangerous Méthod

A Dangerous Méthod

  • Drame psychologique
  • Etats Unis d'Amérique
  • 1h39

Un film de

David Cronenberg

Avec

Keira Knightley , Michael Fassbender , Viggo Mortensen

En Bref

Qui connaît encore le nom de Sabina Spielrein  ? Si la psychanalyse retient surtout le nom de Freud et de Jung, elle marque du sceau de l’oubli leur muse et consœur. Elle portera pourtant le message en Russie où elle donne naissance à tout un courant de la psychanalyse contemporaine. Le film s’ouvre sur un homme, Jung qui reçoit une nouvelle patiente atteinte d’hystérie. Peu à peu s’établit un dialogue à trois entre Freud, Jung et le cas de cette jeune femme qui les relie. Les huis clos s’ouvrent sur des séquences d’espace où la folie explose, devient animale. C’est aussi des lieux paisibles où le dialogue plonge sa force comme un couteau dans la chair, remise en cause, départ, voyage, retour, séparation. Le reste se déroule dans l’hôpital de Jung, le bureau de Freud, lieux sombres où l’éclairage en demi-teinte rappelle la lutte des ténèbres et de la lumière. Dernier espace, la chambre de Sabina, espace de transcendance ou sans doute s’élabore un troisième courant. Le film s’achève sur la séparation du trio, après s’être mutuellement influencés, avoir composé ensemble une première route, défriché un nouvel espace de l’esprit, où nous le verrons, le corps ne demeure pas absent. Vient le temps de la séparation, Freud creuse sa hantise, Jung mêle à sa recherche l’espace de la spiritualité du divin, et Sabina, reste un mystère.

Comment cet homme hanté par le corps, corps souffrance, monstruosité enfantée par la nature, corps reconstruit, malléable, palpable, s’intéresse à l’esprit. D'abord, nous remarquerons dans le film notamment dans les scènes d’hystérie et la façon dont elle s’empare du corps de Keira Knightley, la surprise de ce film, excellente. Nous restons encore sans voix subjugués par  ce corps qui se tord, le visage se transformant comme celui d’une louve hurlant sa folie. Le corps imprègne encore  de sa présence  le dernier film du maitre. Il résume toute la quête réalisée jusqu'à aujourd’hui, de Videodrome à ce film. Cronenberg  trouve dans cette histoire la matière idéale pour poursuivre ses thématiques, ses obsessions et la question qui le hante, même s’il nous livre lors de l’entretien particulier que chaque film est une nouvelle aventure. A ma question avec vous un thème récurrent, il répond non. Pourtant, l’impact de l’esprit sur la chair, la chair en transformation,  de Chromosome III à Videodrome, de La Mouche à Crash, marque la peau de ses personnages, en tout cas dans cette sphère diffuse qu’on appelle leur apparence. Il n’était pas étonnant qu’il se lance dans cette recherche de l’élaboration d’une méthode pour guérir notre esprit. D’ailleurs souvent celui-ci imprègne son questionnement, sa déroute dans notre chair. C’est du grand Cronenberg, l’image est soignée joue entre la demi-obscurité de l’homme tiraillé entre ombre et lumière et l’espace lumineux assez souvent proche de l’eau, lac ou océan. Il faudrait peut-être y voir une autre symbolique de ce retour  à l’espace aquatique de notre naissance, de l’origine du monde peut-être  ? Il évite d’être trop bavard, de nous noyer dans un discours sans fin, au contraire chaque mot, chaque geste devient un élément important de la construction, du but final à atteindre. Nous assistons à la longue élaboration, de 1904 à l’aube de la Première Guerre mondiale, de la psychanalyse. Elle se déchaine devant nos yeux sans emportement, sans cri, mais dans la douleur , passions amoureuses, scientifiques, mentales de nos trois protagonistes, à la fois patients et médecins qui enfanteront les théories modernes.Patrick Van Langhenhoven

  • Studio Canal
  • Format 16/9 compatible 4/3, cinéma respecté 2.40,
  • Anglais, Français Dolby Digital 5.1