En Bref
Jules Taffard, banquier, escroc, profite d’une opportunité pour s’échapper de la prison de la Santé. L’homme n’a pas dit son dernier mot. Il réussit à se faire embaucher dans une modeste fabrique de corsets. Son génie et sa gouaille séduisent sa nouvelle patronne qui ne tarde pas à tomber sous le charme. C’est d’autant plus facile que les affaires grimpent en flèche et que Jules se montre de plus en plus indispensable. Il est habile pour monter des coups et saisir les opportunités et modernités qui se présentent pour conquérir le monde. En quelques mois, la petite fabrique devient une affaire rutilante qui finit par attirer les regards de la police. Est-ce que notre brave homme se rachète une conduite ? Est-ce que notre brave homme, derrière la façade honorable, ne magouille pas quelques affaires bien plus louches ?
A l’origine, il s’agit d’une pièce créée en 1931 par Paul Armont et Léopold Marchand, qui est encore d’actualité aujourd’hui. Elle s’appuie, comme le film, sur deux scandales financiers de l’époque, l’affaire du banquier Albert Oustric. C’est surtout la crise politico-économique qui éclate en France avec l’Affaire Stavisky. Elle plonge le pays dans une crise sans précédent, amenant le Gouvernement à démissionner. C’est le rêve de la petite entreprise partie de rien qui finit par se transformer en un vaste empire. La question de la méthode utilisée pour arriver à ses fins est au centre du film. Raimu campe un de ses personnages avec des colères à la Gabin. Pour Orson Welles, il est le plus grand acteur au monde. Il déploie toute la stratégie d’un personnage ambigu, flamboyant, pris entre la rédemption et ses vieux démons qui reviennent en force. Il joue à merveille du compliment, de la malice, de la sympathie et de la menace pour remonter la pente. Raimu endossait déjà le rôle au théâtre. Il serait à l’initiative de la version cinéma. Le film lui doit beaucoup mais aussi à la pléiade d’acteurs qui l’accompagne et emporté par un sujet brillant. C’est un des meilleurs films de Pierre Colombier. Il commence sa carrière dans les années 20 à la Gaumont par des comédies, des vaudevilles satiriques. C’est avec Pathé qu’il connaît ses plus grands succès, peaufinant un savoir-faire entre satire et comédie qui donnera : Ignace (1937), Tricoche et Cacolet (1938) avec Fernandel ou encore Les Rois du Sport (1937) encore avec Raimu, et Ces Messieurs de la Santé ( 1934). Il sait découvrir de nouveaux talents et donne à Pauline Carton son premier grand rôle. La mise en scène, par son cadrage et ses plans séquences astucieux et soignés élargissent le cadre jusqu’à l’ascension finale. Il évite les pièges du théâtre filmé pour se montrer bien plus ambitieux dans sa mise en scène. Les décors évoluent au fur et à mesure de la progression du personnage et de l’entreprise. C’est ce qui fait en partie avec son thème que Ces messieurs de la Santé reste encore d’actualité à notre époque. Patrick Van Langhenhoven
Supplément :À l’ère des grandes affaires : entretiens autour du film avec Jean Garrigues, Didier Griselain et Isabelle Nohain-Raimu (50 min)Pathé continue son travail excellent de réhabilitation du catalogue classiques avec cette nouvelle restauration superbe. Un travail sur le son et l’image effectué à partir d’un scan 4K des négatifs originaux, d’un nettoyage soigné et précis. Et comme toujours des suppléments qui nous permette de mieux apprécier le film et son histoire. p { margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; color: #00000a; line-height: 120%; text-align: left; orphans: 2; widows: 2; background: transparent }p.western { font-size: 11pt }p.cjk { font-size: 11pt }a:link { color: #0000ff; text-decoration: underline }