En Bref
Ailleurs dans la galaxie, Pandora pourrait résoudre la crise énergétique de la Terre. L’exolune, le monde vert, est le théâtre d’une exploitation belliciste de la part de la compagnie terrienne appuyée par l’armée. Les autochtones, les N’avis, vivent en harmonie avec leur monde et voient d’un mauvais œil le saccage des humains. Que peuvent-ils faire avec leurs arcs face à une technologie militaire supérieure ? Ils peuvent compter sur une équipe de scientifiques venue explorer leur monde et découvrir leur société, bien plus évoluée que ne le pense l’armée. C’est dans ce contexte que débarque Jack Sully, un marine paraplégique, chargé d’endosser la peau d’un Avatar pour prendre contact avec les autochtones. Le colonel Quaricht, fervent partisan de la manière forte, ordonne à Jack d’espionner les N’avis. Le docteur Grâce Augustine, qui pilote le projet scientifique, a une tout autre idée. Pour Parker Selfridge, le directeur de la compagnie minière, seul l’unobtanium compte, peu importe la méthode. C’est dans ce contexte spécial de tiraillement entre la violence et la paix que l’amour vient glisser son grain de sable. Jack tombe sous le charme de Neytiri, une N’avis. Qui gagnera la bataille, entre l’amour, le partage des différences, la compréhension de l’autre et la violence ?
Après le succès de Titanic, James Cameron attendra que la technologie soit suffisamment au point pour se lancer dans un nouveau projet d’envergure. Grâce aux technologies actuelles, Avatar subit bien plus qu’un coup de jeune. Il nous entraine de façon immersive dans l’univers des N’Avis et annonce un nouveau choc avec Avatar 2. Ce deuxième volet devrait se dérouler dans un univers que connaît bien le réalisateur, les océans de Pandora. Avatar peut se voir comme une métaphore de la conquête de l’ouest, la ruée vers l’or et la résistance amérindienne. L’histoire, assez simple, reprend les bases de cette conquête belliciste. Un métal précieux avec son point le plus important sur un lieu sacré. C’est peut-être l’or et les Black Hills dans l’histoire du peuple des origines. Un peuple de sauvages du point de vue de l’homme blanc. On retrouve le respect de la nature : quand Neytiri tue un animal, elle lui demande son pardon et l’autorisation de la nourrir. C’est exactement le même fonctionnement que le peuple Sioux. L’attaque du camp des N’avis rappelle celle du colonel John Chivington dans Soldat bleu. James Cameron a non seulement le sens d’une mise en scène épique et spectaculaire, mais aussi celui d’un discours de fond profond. Avatar reste encore très moderne par son message et la question de l’autre dans nos sociétés actuelles. Le parallèle entre la culture des peuples des origines et les N’avis se développe sur de nombreux sujets qui nous portent à réfléchir sur notre place au sein du cosmos. C’est avec impatience que nous attendons la suite qui devrait compter quatre volets. En attendant, il nous reste à plonger dans un univers à la fois différent, exotique et pourtant par bien des aspects semblable au nôtre. Il nous donne la clef pour passer cette période où le climat, la nature, certains peuples sont encore en danger.               Patrick Van Langhenhoven